Serveur vocal poétique (poèmes au téléphone)
“Vous composez un numéro de téléphone. À l’autre bout du fil, une voix vous accueille et vous propose d’écouter des poèmes écrits par des autrices et des auteurs d’aujourd’hui. Vous êtes en train de naviguer dans le Serveur Vocal Poétique (SVP), une création de la Cie Home Théâtre (Lille) réalisée par Julien Bucci”
Je connaissais et appréciais l’oeuvre de John Giorno “Dial a poem”. Alors quand Julien Bucci m’a proposé de participer au SVP, j’ai évidemment accepté ! Et j’ai comme ça contribué à deux éditions du SVP, aux côtés, chaque fois, de 29 autres poétes·ses :
- l’édition 5, construite autour du verbe “incarner”
- Pour entendre les poèmes de l’édition 5 : depuis la France, composez ce numéro et laissez-vous guider ➝ 03 74 09 03 00 (Service gratuit, accessible 7j/7, 24h/24)
- Pour m’entendre lire mon poème : tiroir 2 / touche 5
- Pour retrouver les textes de l’édition, voir l’anthologie publiée aux éditions La Chouette imprévue
- et à l’édition 6 autour du verbe “hériter”
- Pour entendre les poèmes de l’édition 6 : ➝ 03 74 09 15 13 (Service gratuit, accessible 7j/7, 24h/24)
- Pour m’entendre lire mon poème : tiroir 2 / touche 3
- Pour retrouver les textes de l’édition, voir l’anthologie a aussi été éditée par La Chouette imprévue
Les performances associées
A l’occasion des nuits de la lecture 2025, le SVP, en la personne de Julien Bucci, a invité quelques un·es des poètes·ses de cette édition à performer dans des lieux culturels chargés d’histoire. Le public était invité à tirer un premier dé pour choisir le “tiroir” du serveur vocal et un deuxième dé pour déclencher le poème concerné. Tels de vrais juke-box poétiques, les poètes·ses ont ainsi parcouru l’anthologie du SVP en réponse aux envies du public et aux hasards du sort, mâtinant leur lecture, pour la Maison Victor Hugo, de poèmes hugoliens qui résonnaient avec un tableau de la pièce où chacun·e se situait.
Le 24 janvier, c’était à la Maison Victor Hugo, avec Julien Bucci, François Coudray, Kev La Raj, Orianne Papin. Retour en images.
Et les 23 et 26 janvier, c’était à la Cité de l’architecture et du patrimoine, et c’était avec Carole Bijou, Julien Bucci, François Coudray, Orianne Papin, Théo Perrache, Maud Thiria.
L’affiche inspirée du poème
La “traduction graphique” de nos poèmes ou d’un extrait a été rendue possible par un partenariat avec l’ESAAT de Roubaix. Voici ci-contre l’affiche qui a été créée à partir du début de mon poème.
Le poème lui-même
Et voici le poème en entier, inspirée du célèbre sonnet de Louise Labé “je vis, je meurs”, revisité par la problématique du syndrome pré-mentruel…
“Je revis, re-meurs ; me re-brûle et me noie
j’ai chaud de ouf en me caillant les miches
la vie, tu sais, ce putain de fétiche
j’y suis un peu paumée, mon pou, un peu plus chaque fois
il y a ces jours de high, jours de problèmes bénins
l’amour et le soutien et l’espoir bien ancrés
me rendent toute-puissante, mon pou, ivre de santé
je t’aime / moins de sucre – tu m’aimes / gluten en moins
c’est dingue
et puis c’est la descente : je sens tout je vois rien
hormones chute libre fatigue-saignements
le sol n’est plus que pente et moi j’ai plus les reins
notre avenir au fond n’a pas d’avenir mon pou
et mes appréhensions qui font du ski de fond
même ce sonnet n’en est pas vraiment un…”
Pssst : si on a un compte Instagram, on peut également l’entendre ici, tel qu’il m’a été dit par Louise Labé elle-même 😉